"Je viens de découvrir l’existence de votre fondation.
J’étais jusqu’à présent obligé de constater que cet artiste était tombé dans l’oubli et de relativiser la cote des artistes qui comme lui ont du talent.
Je voudrai vous faire partager une anecdote sur cet artiste.
Je suis arrivé au quartier de La Mitre, rue de la Vigie à Toulon, à 150 mètres du domicile d'Henri Komatis. C'était en 1956 et j’avais 8 ans.
La première chose qui m'impressionna chez lui, c’est sa pugnacité.
Rien chez lui ne laissait apparaître un quelconque signe extérieur de richesse.
Je le voyais remonter la rue, lorsqu'il rentrait chez lui, avec le plus souvent dans son filet à provisions une tranche de jambon et une baguette de pain
Il avait un vieux vélo et ne possédait pas de voiture .
Son ami Gérard Paquet venait le chercher pour le conduire à Châteauvallon où ensemble ils travaillaient à la restauration du site.
Chaque jour je voyais la sculpture prendre forme.
Le dentiste chez qui je me rendais était un amateur d’art. Il avait tapissé d’œuvres le hall d'entrée de son cabinet.
Il me donna un jour, parmi les prothèses qu'il me confiait, une couronne molaire en or, et le patient à qui elle était destinée était Henri Komatis.
Quand le jour fut venu de la livraison je découvris dans le hall d’entrée de l’immeuble la statue, roulée dans un tapis, qu'Henri Komatis venait de déposer avec des déménageurs.
Le lendemain, la statue avait pris place dans le hall du cabinet dentaire .
Il y a 2 ans, en 2013, j’ai rencontré un dentiste à la retraite qui travaillé dans ce cabinet.
Il m'a donné le nom du dernier propriétaire de la statue, et je l’ai contacté tout récemment avec l’idée de lui acheter cette statue, "La Femme".
Hélas, elle a hélas disparu de chez lui il y a 25 ans environ, il ne lui en restait qu'une photo, qu’il m'a donnée.
J.M.
* Cette photographie - émouvante, permet de retrouver les dimensions de "Femme", sculpture, 1960-1965 (inv. 20), dont la Fondation Komatis conserve la maquette en taille réduite de la main d'Henri Komatis, qui a servi à sa réalisation, aux côtés d'une autre statue de silhouette humaine de la même époque, où la pureté moderniste montre des affinités avec Giacometti.




